HAITZ ONDOAN RYU › Principes de base

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vendredi 17 septembre 2010

Le sens de Musubi

L’Aïki c’est musubi.

Ca a aussi le sens de naissance, création. Il y a beaucoup de sens cachés et on ne peut réduire ce mot à un seul concept. C’est aussi le musu que l’on retrouve dans takemusu. C’est parce qu’il y a une union que quelque chose apparaît. C’est parce que l’homme et la femme s’unissent que l’enfant naît, que quelque chose de nouveau est créé. Si l’on se considère différent, unique, étranger, rien ne peut naître. C’est aussi cela qu’Osenseï voulait enseigner.
Il disait : « Ame no ukihashi ni tatete », se tenir sur le pont flottant du paradis. A l’époque on se demandait ce qu’il voulait dire. (rires) Aujourd’hui je comprends mieux ce qu’il voulait dire. Il y a un pont entre le ciel et la terre que l’on traverse et où nous devenons le lien.

Le Budo est une voie de purification. C’est le misogi haraï. Ce n’est pas une voie de destruction de l’adversaire. C’est une voie qui est au-delà de la victoire et la défaite. C’est ce qu’il essayait de nous transmettre ainsi que l’idée de musubi.
La mère qui protège son enfant est la véritable signification de bu et a le même sens que le de Aïkido. C’est le contraire absolu de la recherche de la destruction de l’autre. Evidemment pour nous c’était incompréhensible. C’est encore une fois l’assemblée d’enfants de maternelle qui ne peut saisir le discours d’universitaires. (rires)

On parle de l’école Mutekatsu de l’ancien temps que pratiquaient les grands experts qui permettait de vaincre les mains vides. Avec les autres uchi-deshis nous nous disions toujours que pour se battre muteki, sans armes, il fallait un niveau extraordinaire.
Pour Osensei muteki signifie qu’on n’a pas d’armes et qu’on est tous semblables. La même expression revêt en fait une signification totalement différente. Sans armes et dans un esprit de fraternité le combat n’apparaît pas et il n’y a ni vainqueur ni vaincu.
Nous recevions un enseignement extraordinaire mais étions aveugles. Et nous avons fait supporter le poids de notre ignorance à nos élèves ! (rires)

Interview de Tamura Sensei par Tsubaki Journal

Le concept Shu Ha Ri

Il s’applique à toutes les techniques traditionnelles, que ce soit dans le Chado, la voie du thé, du Kado, l’arrangement floral, etc... Toutes ces voies s’étudient ainsi et passent par ces étapes.

Shu est l’étape où l’on suit scrupuleusement l’enseignement de son maître jusqu’à arriver à reproduire exactement les techniques.

Une fois arrivé à ce niveau on essaye de voir ce que tel ou tel changement implique. On sort du moule pour continuer son étude. C’est Ha.

Finalement on dépasse les contradictions et la technique devient sienne. C’est Ri.

Mais aujourd’hui les gens veulent commencer par Ri ! (rires) Ils n’arrivent pas à faire comme l’enseignant alors ils cherchent un autre chemin. Ils ne peuvent pas faire une chose alors ils en font une autre. Dans ce cas là mieux vaut faire autre chose dès le départ. Et si je corrige les gens me disent qu’ils ne peuvent pas le faire, que c’est impossible. Mais il est inutile de faire une chose que l’on peut réaliser facilement. L’étude consiste à essayer de faire quelque chose que l’on ne peut pas ! Il n’y a pas de raccourci.

Interview de Tamura Sensei par Tsubaki Journal

Les notions de Kotaï, Jutaï, Ryutaï, Kitaï

Selon les termes de Tamura Sensei lors d'un interview par Tsubaki Journal

Il y a des étapes comme cela. Mais il ne faut pas se tromper sur la signification de ces termes. Les mots français sont précis mais aussi limitatifs.

Kotaï se traduit par travail solide mais il est généralement interprété par travail dur. C’est totalement incorrect. Dans ce travail solide la pratique doit être souple.

De même que jutaï qui se traduit généralement par travail souple ne doit pas être synonyme de complaisance.

Ce sont des étapes que l’on peut comparer à la calligraphie où l’on apprend d’abord une forme très précise qui est la base avant de passer à un travail plus fluide et épuré. C’est aussi comme le corps. Au centre se trouvent les os. Puis vient la chair. Mais l’un ne fonctionne pas sans l’autre.

Les bases fondamentales doivent donc toujours être présentes même dans le travail en jutaï tandis que la souplesse doit être présente dès le début du travail en kotaï.

Vient ensuite le travail en ryutaï et enfin celui du kitaï où l’on guide le partenaire dès que naît son intention.

Interview de Tamura Sensei par Tsubaki Journal

Les pas de base de l'aikido

1 : AYUMI ASHI (pas de marche)
Il suffit de se déplacer comme dans notre vie de tous les jours. On l'utilise lorsque l'on s'avance vers l'adversaire.


2 : OKURI ASHI (pas envoyé)
On lance le pied le plus proche dans l'orientation choisie, et l'autre pied suit comme si un fil élastique le retenait.

 

3 : TSUGI ASHI (pas qui suit)
C'est le pied arrière qui initie l'action, lorsqu'il touche le pied avant celui-ci avance, un peu comme deux boules de billard qui se poussent.


4 : MAWARI ASHI (pas circulaire)
Les deux pieds pivotent sur leur assise antérieure, ainsi le corps tourne en changeant d'orientation de 180°.

 

5 : TENKAN ASHI (pas tournant)
Le pied arrière réalise un arc de cercle en suivant la rotation du corps vers l'arrière, puis se positionne toujours derrière le pied avant. Le corps aura fait demi-tour et on fait face à l'orientation opposée.

 

 


6 : ROPPO ASHI (pas de marche dans un couloir)
Passer ″le bol″ du pied postérieur devant le pied antérieur, puis avancer d'un pas plus grand, le pied antérieur. C'est la marche utilisée avec un sabre sur le côté ou une lance.



7 : SURI ASHI (pas qui frotte)
Marche en gardant les pieds en contact avec le sol. Les pieds auront une petite tendance à décrire non pas des lignes droites, mais des arcs de cercle à concavité extérieure. Assez fréquent dans les formes traditionnelles de Karate comme Goju ryu ou Uechi ryu.



8 : HIRIKI ASHI (pas latéral)
Utilisé parfois en Aïkido pour un déplacement sur katatedori ou katadori, mais plus souvent dans la pratique du sabre (Aïki-ken, Iaïdo, Kendo). uke étant face à soi, déplacement autour de lui, en restant toujours face à lui.

jeudi 14 mai 2009

Les 7 plis du hakama

« Les sept plis du Hakama symbolisent les sept vertus du Budo. Nous retrouvons ces qualités chez le samouraï d'antan. Le Hakama nous incite à refléter la vraie nature du bushido. Le port du Hakama symbolise les traditions qui se sont perpétuées de génération en génération. L'Aïkido étant issu de l'esprit du bushido, nous devons nous efforcer dans notre pratique de polir les sept vertus traditionnelles. » (Ueshiba Morihei)



Jin (bienveillance, générosité)

La bonté ou la bienveillance suppose une attitude pleine d'attention pour autrui, sans considération d'origine, d'âge, de sexe, d'opinion ou de handicap. Le respect permanent des autres avec le souci de les honorer sans jamais leur causer de troubles ou de peines inutiles conduit naturellement à une concorde sociale mutuelle. Nous retrouvons ici le "Bushi No Nasake", la sympathie ou la clémence du guerrier nippon, qui pouvait certes trancher de son sabre tout problème lui étant soumis, mais qui possédait également la possibilité de pacifier les esprits sans ôter la vie.

Gi (honneur, justice)

Le sens de l'honneur passe par le respect de soi-même, d'autrui, et des règles morales que l'on considère comme justes. C'est être fidèle à ses engagements, à sa parole, et à l'idéal que l'on s'est choisi.

Rei (courtoisie, étiquette)

La politesse n'est que l'expression de l'intérêt sincère et authentique porté à autrui, quelle que soit sa position sociale, au travers de gestes et d'attitudes pleines de respect et de sollicitude. Le cérémonial et l'étiquette font partie de l'extériorisation de la politesse.

Chi (sagesse, intelligence)

Le sage a toujours quelque chose à apprendre, même d'un fou, alors que le fou n'a plus rien à apprendre, même d'un sage. La sagesse est ici synonyme d'aptitude à discerner en tous lieux et en toutes choses, le positif et le négatif, à n'accorder aux choses et aux événements que l'importance qu'ils ont, sans être aveuglé ni se départir de la sérénité si durement acquise sur le tatami.

Shin (sincérité)

La sincérité est impérative dans l'engagement martial : sans elle, la pratique n'est que simulation et mensonge, tant pour soi-même que pour autrui ; l'engagement se doit d'être total, permanent, sans équivoque, et la sincérité de celui-ci se constate facilement ; l'illusion ne peut perdurer longtemps devant les exigences et le réalisme de la Voie.

Chu (loyauté)

Une valeur en voie de disparition dans notre société contemporaine, alors même que cette valeur est le ciment indéfectible de nos disciplines martiales. Le Budoka s'engage à une fidélité totale et à un respect loyal des règles internes à son Ecole. C'est là le reflet de la rectitude du corps et de l'esprit du pratiquant.

Koh (piété)

La piété s'entend ici dans le sens de respect profond et authentique des bases de nos pratiques martiales, bases techniques, spirituelles, historiques, philosophiques...

Hakama et tradition

Origines

Le mot Hakama désignait un vêtement porté par les femmes dans les temps anciens. Le Hakama a évolué en fonction des époques et le Hakama d'Aïkido d'aujourd'hui provient, semble t-il, de l'équitation, car possédant un large pli d'aisance (élargissure) à l'entrejambes.

C'était, à l'origine, un moyen de protection des jambes des cavaliers. Le cuir étant difficile à trouver au Japon, un matériau épais lui fut substitué. Puis, les samouraïs sont devenus des soldats à pied, mais ils ont persisté à porter les vêtements des cavaliers afin de marquer leur différence et de pouvoir être plus facilement identifiables. Il y avait plusieurs sortes de Hakama. Un Hakama était un genre de jupe en tube, sans "jambes". Un autre était semblable, mais beaucoup plus long, et était porté lors des visites au shogun ou à l'empereur. Ils avaient environ 12 à 15 pieds de longueur, et étaient pliés et repliés, placés entre les pieds et l'arrière du visiteur. Cela rendait leur déplacement à genoux (shikko), et la cache éventuelle d'une arme, difficile.

Hakama et Aïkido

O'Sensei était catégorique sur le fait que tout le monde doive porter le Hakama. Le Hakama n'est pas la reconnaissance d'un niveau ou d'un grade. Tout pratiquant peut le porter.

Le fondateur commença à enseigner son art à des notables, des nobles, des personnalités haut placées pour qui le Hakama ne posait pas de problème financier. Puis, il laissa à ses jeunes élèves le choix de pratiquer sans l'Hakama jusqu'à ce qu'ils puissent en acheter un, en étant certains de continuer la pratique. Ainsi, les occidentaux ont crû que le port de l'Hakama était lié à l'ancienneté ou à un grade, alors qu'il ne s'agissait que d'un problème pécunier.

Dans beaucoup d'écoles, seules les "ceintures noires" portent le Hakama. Dans d'autres, tout le monde en porte. Parfois, les femmes peuvent commencer à le porter plus tôt que les hommes. Le Hakama n'est pas forcément assujetti à un grade, le professeur peu en accorder le port au pratiquant ayant montré son engagement dans la pratique, qui chute correctement sur la plupart des techniques et qui a une certaine pratique.